6 Juin 2013
ENSA Toulouse_S6_LA FABRICATION REFLECHIE DE L'ESPACE ARCHITECTURAL 02
L . T o u r n i é - C . M a i s o n o b e - X . L e p l a ë
Projet réalisé avec Manu Pujo.
Le Corbusier
Le site choisi pour implanter quatorze logements groupés est d’une grande ambiguïté. D’une part, sa pente descendant vers le nord pose l’évident problème du captage de la lumière dans un schéma répétitif de maisons groupées, chacune portant son ombre sur la suivante. D’un autre côté, il offre des points de vues et des cadrages intéressants tant sur son environnement immédiat -façade et parc des archives départementales- que sur le grand paysage des collines cadurciennes, sur l’autre rive du Lot.
Toujours à l’échelle du quartier, la plupart des constructions existantes, logements ou équipements, manifeste une présence importante, voire imposante.
Ces observations nous conduisent à prendre position en faveur d’un système dans lequel les logements sont tournés vers le ciel plutôt que vers les profondeurs : implanter des habitations dont le niveau le plus bas correspond à celui de la rue permet à la fois d’aller chercher une lumière naturelle et des vues sur le paysage plus conséquentes, notamment dans un fond de parcelle entouré de constructions mitoyennes, et de donner une certaine présence à un projet dont on souhaite qu’il ne soit pas écrasé par les masses voisines. Cependant, afin de conserver une lumière importante dans la rue du Groupe Veny, les deux niveaux des maisons sont mis à distance de cette rue par leurs garages et terrasses, s’élevant de seulement un niveau.
Luigi Snozzi
La volonté conjuguée de suivre au plus près la pente de la rue et de donner un accès direct à chaque parcelle depuis l’espace public, pour le piéton comme pour le véhicule, oriente l’implantation en lanières des nouvelles parcelles créées. Cette position morphologique se traduit par un décalage altimétrique de 30cm entre chaque maison. Le terrain initial est donc découpé transversalement en onze bandes de 5,75 mètres, perpendiculaires au tracé de la rue.
Cette implantation est également guidée par la recherche de la plus grande répétition d’un même élément sur la rue, écartant la solution des plateaux qui aurait nui à un tel enchaînement. Cette répétition se fonde sur des murs en béton banché filants sur toute la longueur des parcelles, dont la position dans la pente évoque des murs de soutènements. Ces murs en équerre sont les porteurs structurels du projet, mais ils constituent aussi sa figure. La question de l’enchaînement des maisons, remplissages entre les murs, est ainsi réglée par le statut même de ces murs qui dépassent des toitures.
Un tel système répétitif implique un traitement particulier de ses extrémités. Au Nord, c'est-à-dire sur la lanière la plus basse, le murs en banché laisse place, dans les deux tronçons où il ne supporte pas les planchers de la maison, au mur en pierre existant. Sur la limité parcellaire Sud, la dernière travée s’élargie pour accueillir le groupement des trois studios T2 dans un même bâtiment. Les associer permet la création de parties communes, avec notamment un grand garage pouvant accueillir les véhicules d’autres logements du programme. Sur la rue, ce bâtiment vient terminer le système en retournant horizontalement les éléments verticaux marquant des maisons, à savoir le petit côté de l’équerre béton et le garage bardé de bois. De plus, sa hauteur lui donne un statut différent vis-à-vis des archives, et il s’impose comme la toile de fond du projet dans la perspective montant dans la rue. Depuis le jardin des archives, son soubassement de pierre vient en compléter la composition.
Le Corbusier
L’entrée dans le terrain des maisons se fait par un glissement dans l’interstice entre le retour du mur béton et le garage bois. L’épaisseur donnée à ce retour abrite boite aux lettres, coffrets techniques et poubelles. Derrière la porte en tôle perforée, dont l’association avec l’ombre porté des arbres plantés sur la rue crée une intense vibration, l’espace horizontal se dilate au maximum grâce au mur sud fortement éclairé et entièrement libéré. Ce mur guide le regard et les pas vers l’entrée de la maison, et par transparence jusqu’au fond de la parcelle. La plus grande longueur du projet est ainsi installée dès l’entrée sur le terrain. Dans l’entrée en creux, deux équerres verticales en enduit blanc et en tôle anthracite, le gravier de l’allée et de la terrasse ombragée de la cuisine file le long du mur sud et entre légèrement à l’intérieur de la maison, noyant la menuiserie. Le mur double hauteur, support de l’escalier et contreventement de la maison, crée l’opacité nécessaire à la découverte progressive du séjour et du jardin dans sa totalité : l’espace se dilate diagonalement. Le passage du séjour au jardin est marqué par le large cadre supportant les six rails des vitrages et de la protection solaire. Au sol, le parquet intérieur, le haut des cadres de menuiseries et le platelage de la terrasse sont à la même hauteur pour une continuité physique maximale, la rupture visuelle étant assurée par des orientations orthogonales. A l’inverse, le cadre est décollé des murs et du plafond par une pièce métallique isolée, créant une légère ombre. Enfin, la terrasse extérieure partiellement couverte sous la double hauteur s’adosse par un banc à une surface végétale légèrement plus haute, dont les plantations protègent cette terrasse du soleil couchant d’été.
On accède aux T2 par une coursive donnant sur le parc arboré des archives. Cette coursive donne à voir le parc, mais ne rend pas l’éclairement des studios dépendants de la parcelle voisine. L’entrée offre une vue diagonale sur le patio dont on ne perçoit pas la fin du mur exposé à l’ouest. Afin de dilater l’espace d’un petit logement, sa périphérie est totalement libérée. L’accès à la toiture terrasse se fait par un escalier cadrant les grands arbres du parc, escalier dont la première marche libérée est commune à la chambre et au patio. Ces terrasses, partiellement abritées, offrent au sud un tableau de la nature et au nord la perspective descendante des toits ou des plantations des T4.
Appartements T2 - Plans des niveaux